11.09.2008

Les dossiers de Ludivine

Je devais gérer un dossier difficile.  Je l’héritais un peu par hasard, on se déchargeait de certaines tâches sur mon dos, pour mon apprentissage, pour que je prennes plus de responsabilités. Sans doute.  Je ne m’en plaignait donc pas.  On m’avait en plus prévenu du contexte, de l’humeur des gens, du timing serré, et que je ne maîtriserai de toute façon pas grand chose, le dossier en était à sa conclusion.

Je ne sais plus si c’est Monsieur que je recevais d’abord ou bien Madame, en plus ils étaient en pleine procédure de divorce.

Lui avait la réputation d’être très difficile, furieux que le dossier ne tourne pas comme il l’avait prévu, elle faisait tourner les têtes, et donc dans ce cas les fantasmes allaient bon train, elle n’en était pas plus facile pour autant.  Je ne suis pas sûr, au moment de la recevoir, que j’aurais aimé vivre avec elle les fantasmes dont on me parlait. 

Mais j’avais aussi la réputation d’être très cool, et donc après avoir étudié le dossier dans ses fragments que je possédais, qu’on avait bien voulu me donner, je prenais les choses en main.  Le premier entretien ne se passa évidemment pas comme prévu, et j’écoutais les remarques, les nuançant un temps soit peu, ne faisant ni le jeu des uns, ni ne dénigrant les autres.  Le temps n’efface rien dans ces cas-là, mais un peu de réflexion permet de remettre dans son contexte les erreurs, les manquements, le temps qui passe parfois un peu trop vite tout simplement.  J’étais là aussi peut être, juste pour écouter.  Ce que je faisais.  Jusqu’au moment ou madame est entrée en scène.  Je me devais de ne pas me laisser aller à trop d’humour, monsieur était là, ils étaient tout deux furieux, mais j’avais une folle envie d’être vraiment très très gentil.  Même si ce n’était pas le moment.  La conversation bifurqua sur l’heure, sur l’heure de l’apéro, et on s’est accroché sur ce sujet là.  Ca je le maîtrisait parfaitement, et en plus, finalement on avait tous envie de décompresser.  On s’est donc salué courtoisement lors de notre départ, elle et moi nous  promettant réciproquement  un apéro un jour, elle la première, j’en prenais bonne note, sans évidemment insister.  Cela finalement c’était bien passé, la situation m’avait l’air d’avoir été relativement bien gérée, et Madame n’était pas apparemment ce que les autres voulaient qu’elle soit.  Je pouvais voir le dossier évoluer sans trop de crainte.

 

Notre second entretien s’est déroulé sensiblement de la même manière.  Après avoir posé l’historique de la situation, nous étudions Monsieur et moi, ensuite Madame et moi les nouveaux éléments.  C’était l’occasion de décrier les anciens gestionnaires de leur côté, de les rassurer du mien.   Par hasard, je rencontrais Ludivine à nouveau vers les onze heures du matin, et bien que je proposais un café, que je déteste pour ma part, on en revenait inévitablement sur le sujet de l’apéro, ce qui détendait l’atmosphère, on parlait enfin d’autre chose, et donc la conversation tournait autour des boissons apéritives, pour dévier sur les vacances.

 

Et les réunions continuèrent, le dossier avançait, entre mails, courriers, coup de téléphone… Les premiers mots n’étaient plus furieux, mais seulement inquiets, et au fur et à mesure des explications, du temps, on arrivait à un dialogue normal.  Et je revoyais Ludivine, et on reparlait apéro, vacances.

 

Elle était sexy.  Et les jupes diminuaient, les décolletés s’ouvraient.  Juste le fruit de mon imagination.  La table du bureau était en verre, un jour, j’eu la remarque :

-        Alors Henry, tu n’as pas l’air concentré !

-        Non à force de parler d’apéro, l’alcool me perturbe le cerveau…

J’ai mis un classeur sur la table devant moi, de telle sorte que je ne voyais plus sa petite culotte.

-        Je vais chercher des documents et je reviens…

Je ne bandais pas, mais je devais vraiment me changer les idées. Quitter le bureau me permettait de rencontrer quelqu’un et de déconner trente secondes avec lui.  Je rentrais dans un bureau juste en face, et je fus accueillis avec des commentaires sur la tenue de ma cliente.  J’entrais dans le jeu à fond, j’extériorisais mes fantasmes les plus crus.  Je pouvais retourner la rejoindre complètement concentré.

-        On devrait quand même se trouver un moment pour le boire cet apéro !

Je n’y arriverais pas.

-        Ecoutez, je vais reprendre votre dossier et je

réponds à vos questions dès demain…

-       

Et l’entretien ce terminait toujours comme cela, il y avait trop de questions, trop d’imprécision, trop de non dit, trop de stress, vraiment trop de stress.

 

Jusqu’au jour où le dossier fût … presque … complètement terminé, nous passions alors plus de temps au téléphone pour peaufiner les derniers détails.  Depuis le début j’avais droit à des remarques du style : « Henry il comprend les problèmes, il est gentil … ».

Je déteste ce compliment finalement « il est gentil » il remplace toutes les autres qualités qu’on n’a pas, sauf une.  Mais dans sa bouche, avec l’historique d’un dossier de merde, je ne le prenais pas mal.  Et puis, c’était une cliente, juste une cliente. 

 

Notre relation se déroulait donc entre résolution de problèmes, les uns après les autres, de moins en moins, et puis des remerciements pour une certaine efficacité, qui n’était en fait que la conjonction de la bonne personne au bon endroit au bon moment, je n’ai aucune raison  de me  vanter, soit, le hasard à bien fait les choses c’est aussi simple que cela, mes collègues ayant fait le reste.  Le marteau et l’enclume, j’étais entre les deux, mais si c’est elle qui frappait, ça devait faire mal c’est sûr, mais …

 

On a parlé de plus en plus de sujets divers, à commencer par le carnaval, suite logique de l’apéro tant promis.  Elle était souvent en déplacement à l’étranger… Viendrait-elle, ne viendrait-elle pas ?

-        Que fais-tu vendredi après midi ? A c’est vrai tu travailles … Et ça ne commence qu’au soir …

Elle me tendait une perche pour la retirer aussi tôt.

-        Non, j’ai pris congé, mais je dors en prévision…

Je ne prenais pas la perche.  Erreur ?

-        De toute façon, je ne sais pas encore si je serais là.

Je n’insistais pas.

Elle demandait toujours un rendez-vous, le hasard de mon agenda, et puis par jeu aussi, je fixais toujours onze heure, onze heure et demie même.  J’avais d’office la remarque ‘Et comme apéro, que voulez-vous ?’ pour faire rire, et j’espérais bien faire avancer les choses.

 

Je parlais aussi maison.  Elle voulait s’installer dans mon coin, c’est à dire côté ville mais côté jardin, et elle connaissait mon quartier, que pour le trouver à son goût.  Je lui promis de rechercher des maisons à vendre.

 

Les rendez-vous se succédaient sans se ressembler.  Un autre volet du dossier fut abordé. Et de ce fait ce jour là on fit un grand pas… bien qu’en y regardant de plus près …  On parlait donc une fois de plus de l’apéro, elle me questionnait de façon plus précise sur mes heures…

-        ça pourrait être lundi prochain, mais tu finis tard

-        Je n’ai pas d’heure.  Même quand je vais au resto et que je rentre tard, je me fais eng… mais c’est pour rire

-       

-        Si j’ai été incorrect, veuillez m’en excuser …

-        Non, Henry,  c’est avec plaisir.

Je la vouvoyais, je jouais mon rôle de vendeur à cent pour cent, elle me tutoyais, c’était simplement sa manière d’être.  Malgré la vitre de la table transparente, un jeu de jambe à augmenter la température de la pièce, je retirais le classeur que je mettais toujours à un endroit stratégique de la table, pour plonger complètement dans mes fantasmes…  J’en rajoutais volontairement un peu.  Elle se releva, je gardais les yeux bien sur son visage, à regret.  Ils auraient dû passer de sa culotte à son décolleté, en passant c’est vrai par ses yeux.  C’était un remake de Basic Instinct, inconscient plus ou moins.  Je lui accordais le bénéfice de la séduction naturelle.   Je fixais son menton, ses mains, son dossier… J’aurais du avoir la croix de chevalier du mérite.  Je lui souriais.

-        Ok pour lundi, tu m’invites où ?  C’est moi qui offres l’apéro. Tu as été si parfait.

-        Non, j’ai juste fait mon boulot.

-       

-        Chez … Il vient de s’ouvrir.

-        Oh oui ! J’en ai entendu parler

-        Et bien, vous goûterez.

-        C’est bien.  Midi ?

-        Midi

Bon j’allais avoir des commentaires de la part de mes collègues.  Mais ce n’est vraiment pas fréquent.  Et puis une femme en train de divorcer, je ne l’imaginais pas se jeter à mon coup aussi sec.  A moins que les histoires que colportaient mes collègues …  je ne leur en parlais donc pas, après tout la vie privée des autres, et la mienne d’autant plus, ne regarde personne.  J’étais malgré tout très content de cette réunion, les problèmes disparaissaient à vue d’œil, bien que aller manger avec elle pouvait parfaitement être le début de nouveaux problèmes.  Avais-je fait le bon choix ?

 

Je lui ai téléphoné le jour même, une demi-heure avant, pour confirmer.  Cette fois-là ça n’allait pas, un imprévu dans son agenda, et … elle m’avait oublié. 

-        Pas grave, fis-je.

Et le temps passa.  Je l’avais moins souvent au bout du fil, je ne la voyais presque plus.  Je n’avais pas fait de projet, je continuais à bosser comme à l’habitude.  Elle revint une fois dans les bureaux, je la saluais d’un baiser amical, entre adulte comme cela se fait couramment maintenant. Nous en avions pris l’habitude.  J’en profitais pour lui souhaiter un bon anniversaire.

-        Alors ça fera deux apéros.

-        J’avais évidemment dis cela dans ce but.

Je riais.  On a à nouveau fixé une date.  Elle m’a promis de ne pas m’oublier.

 

Je me suis présenté au resto un peu avant l’heure, j’avais envie de choisir la table, ma place, pour me sentir à l’aise.  Et puis c’était plus classique que ce soit moi qui l’accueille, elle qui s’excuse de son retard.  Cela me mettait aussi plus à l’aise.  Je n’ai jamais été un dragueur, et cette femme chef d’entreprise m’impressionnait autant qu’elle me plaisait ;  Ce n’était pas l’adage ‘les contraires s’attirent’ je pensait avoir beaucoup à partager.  Elle est arrivée, sûr d’elle mais pourtant hésitante, peut être simplement parce qu’elle me cherchait, et qu’elle ne connaissait pas l’endroit. Elle me vit, je lui souris, je me levais pour l’accueillir. 

-        Bonjour

-        Bonjour, je ne connaissais pas…

-        Je ne suis venu qu’une fois, vous me donnerez votre avis.

-        Bien sûr

Il y eut un flottement.  La femme que vous avez envie de sauter se trouve en face de vous, mais elle ne sait encore rien.  Et je suis timide, mais je me soigne.  Le maître d’hôtel apporta les cartes.  Il ne demanda rien, alors que dans certains restaurants la première question porte sur l’apéro.  Quelques instants de répits, à meubler…

 

-        La carte vous inspire

-        Oui, j’aime la cuisine italienne…

-        Tu es déjà allée en Italie.  Oh je m’excuse, je peux te tutoyer ?

-        Oui j’en reviens…

-        Ah ?

La pression a diminué d’un cran.  Les vacances sont le sujet de conversation idéal.  Avec les enfants.  J’en savais assez que pour parler des heures.  Je réfléchissais sur l’alcool que j’allais ingurgiter ce midi, je décidais de faire light, je choisissais mon apéro en fonction.

 

Le repas fût agréable. Très.  Je n’osais pas déconner, je restait le professionnel avec sa cliente, et mon humour étant orienté sexe, le reste aussi d’ailleurs, je le tenais en veilleuse.  Je jouais sur les mots, je posais des questions, elle parlait.  Tout allait bien.

 

-        J’habites là bas, tu sais la maison que tu m’as proposée. Il faudrait venir une fois.

Je t’en ai proposée une dizaine … Mais c’est un coin que je ne connais pas du tout.

-        C’est vrai ? Comment t’as fait alors pour la trouver ?

-        Ben tu cherchais une maison, j’ai fais le tour des coins vert de la ville, en tournant autour de chez moi !

J’ai beau avoir voyagé, finalement c’est son propre patelin qu’on connaît le moins. 

On s’est attardé sur la carte, elle me demandant ce que je prenais, c’est vrai qu’il y avait le choix.

-        Un apéro bien sûr !

-        Bien sûr !

Je la faisais rire, c’était pas intellectuel, et j’évitais quand même l’excès, on était au restaurant. 

 

Finalement le repas s’achevait.

-        Tu travailles cette aprèm… ?

-        Je suis sensé… Pourquoi ?

-        Je te fais visiter ?

-        Alors je vais sûrement me trouver une excuse.

-        Et je t’offres le café !

-        Allez, OK ! je te suis.

Nous sommes sorti, j’ai payé, elle a insisté pour payer elle même, me signalant que mon salaire d’employé ne me permettait peut être pas … Je lui ai répondu que je plumerai un client pour augmenter mes com… Elle a rit jaune.

C’est une blagueElle m’a pris la main, et nous sommes sorti.  Une femme m’a dis un jour « une femme qui rit est à moitié dans ton lit ».  Elle contrôlait très bien l’autre moitié.  Elle a pris sa voiture, moi la mienne, et je l’ai suivie.  Il y avait trente kilomètres, vingt minutes par l’autoroute.  Elle roulait vite, cela me plaisait, bien que je m’inquiétais : les radars, les autres conducteurs, l’alcool …

Elle s’est garée, me laissant de la place pour me parquer juste derrière elle.  Bon, je devais faire une manœuvre dans le minimum de temps, c’était pire qu’à l’examen d’auto-école.  Je fis ce que je pouvais, elle était déjà à l’entrée de sa maison, sans même me regarder.  Je ne courrais pas à sa suite, je voulais avoir l’air aussi naturel que possible.  Qui était là ? Son ex-mari ? Quelqu’un d’autre ? Je pouvais croiser n’importe qui dans la rue… Et puis j’étais venu pour boire le café.  Juste pour boire un café, et visiter la maison.  Les chambres … La chambre !

Je pénétrais à l’intérieur.  Je jetais un coup d’œil dans l’entrée, je cherchais un tempérament au travers de la décoration, enfin une impression, une chaleur, ou son absence… qui collait, qui définissait le personnage.

-        Tu peux entrer Henry

-        Je te cherchais au travers de la déco…

-        Ce n’est pas moi, je viens juste d’aménager !

-        Tu me rassures

C’est vrai que je n’aimais pas.  Mais les goûts ne se discutent pas.

-        Tu vas retapisser ?

On a commencé ainsi la conversation.  Et nous passions de pièce en pièce, avec ses souhaits, ses idées, ses couleurs.  J’aimais assez.

-        Tu es venu pour du café ! Non ?

-        Je t’avoues que je ne suis pas trop fan…

-        Ah ?

-        S’il n’est pas fait j’aime autant un jus de fruit, de l’eau …

-        Ben non, il n’est pas fait.

-        C’est juste.  On vient d’arriver.  Mais je déconnes comme ça de temps en temps.

-        J’ai … de l’eau ? … de la bière ?

-        Une bière.  C’est parfait.

Mais pour baiser l’alcool ça n’aide pas.  Je devrais me calmer, et me détendre un peu.  Je restais debout pas trop loin.  Elle prit deux bières dans le frigo, qu’elle décapsula, et chercha après des verres.  Elle servit. 

-        Merci !

-        A ta santé.

Elle était proche de moi, je ne bougeais pas, je n’avais envie de prendre aucune initiative.  Je me faisais peut être un cinéma monstre, et je n’avais pas envie de rentrer au bureau avec une griffe sur la joue.  Toutes les femmes qui font visiter leur maison à leur conseiller n’ont pas d’office envie de se faire sauter.  Par eux… Soit, il faut malheureusement l’admettre.  Ce serait quand même un petit plus pour la profession, il faut le reconnaître.  Je devais sourire béatement sans doute.

-        Qu’est-ce qu’il y a ?

-        Tu es bien ici, je trouve.

Je revenais sur terre.  Elle s’est rapprochée.

-        C’est un peu grâce à toi… C’est quand même toi qui m’a indiqué cette maison.

-        Un tout petit peu, mais je suis content d’avoir pu le faire

-        Je suis contente que tu l’ai fais.

Elle me collait vraiment.  J’ai retiré mon verre d’entre nous deux, elle fit de même, je l’embrassait.  Une seconde.  Plus un baiser d’ami, j’imaginais, que celui de Dom Juan, mais sur la bouche quand même, suis-je bête.  Elle ne se retira pas.  Je changeais donc d’idée, la réalité de la situation m’apparût pleinement.  Je ne jouais plus.  Je devais vraiment déposer mon verre quelque part.  Ou j’allais l’asperger de bière.  Je sentis sa langue sur mes lèvres, je décidais d’oublier mon verre, a Dieu vat, je répondais à son baiser.  Le baiser fût réellement chaud.  On avait envie l’un de l’autre.  Je suppose qu’en tant que femme divorcée, elle avait dû trouver le temps long.  J’appréciais.

 

-        Je dépose mon verre

-        Fais à ton aise.

Elle a commencé à se déshabiller le temps que je trouve un endroit pour mon verre.  Je revenais vers elle.

-        Laisse moi le faire.

Je me recollais contre elle, mes mains glissaient le long de son corps à la recherche, d’une fermeture, d’un bouton pour l’aider dans ses mouvements.  Elle s’empara de ma cravate. Nos bras se mélangeaient, on en riait.  On s’embrassait.  Je caressait sa poitrine, un instant, elle était déjà occupée avec mon pantalon.  Je me mis à ses genoux, je collais mes lèvres à son ventre, j’embrassais chaque partie de sa peau que je découvrais au fur et à mesure que je descendais son pantalon.  Ma bouche tomba sur sa petite culotte, mes mains continuaient à descendre son vêtement le long de ses jambes.  Je l’aidais à s’en débarrasser, elle posait ses mains sur ma tête pour se soutenir. Je remontais à la recherche de sa petite culotte  tout en me libérant à mon tout de mon pantalon.  Je devrais bien faire une pose, les godasses c’est le moment le moins érotique du strip tease, sauf pour les femmes à moins d’avoir des baskets, et encore.  Nous les hommes,  avec nos grosses chaussures et nos chaussettes, il y a quand même un temps mort.  Elle se dirigea en slip vers l’escalier.  Je me dépêchais, sans me casser la figure pour au tant.  Et je ne voulais pas passer mon temps à jouer à cache-cache, je ne connaissais pas la maison.  A poil donc, je prenais l’escalier derrière elle, j’avais ramassé mes vêtements, au cas ou !  J’avais trop lu de blagues sur les gars coincés nu dans une armoire.  Je les jetais par terre en arrivant dans sa chambre, et je la rejoignais.

 

Je me remémorais de temps en temps les commentaires sur son passé, dixit des collègues bien intentionnés, j’avoue qu’elle faisait cela très bien, et que notre envie, ajoutée à notre imagination, nous a permis de prendre beaucoup de plaisir.  Je ne voulais pas essayer tout le kamasutra la première fois, après tout j’aimais aussi voir ce qu’elle aimait, ce qu’elle avait envie de faire, de me faire.  Je ne pense pas que nous fûmes déçu, après tout on se revit après, un certain nombre de fois.

 

Le soir tombait.

-        Je dois y aller

-        Je sais !

-        La salle de bain ?

Elle s’est levée, et on s’est dirigé ensemble vers la salle de bain.  Je la regardait encore et encore, nous ne sommes pas égaux avec l’âge, nous les hommes et elles les femmes.  Mais j’oubliais bien vite mon corps, après tout nous nous étions aimés.

 

J’ai pris une douche, je l’ai invitée à me rejoindre, nous avons fait un dernier câlin.  Je me suis rhabillé en vitesse, je l’ai ensuite regardée faire de même.  Elle avait le temps, elle se faisait belle, juste parce que je la regardais.

-        Vas y

-        Hmmm

Elle est descendue avec moi, et m’a raccompagné jusqu’à la porte.  Je fouillais mes poches à la recherche de quelque chose d’oublié, j’avais envie de la revoir, je ne savais pas quoi dire.

On se revoit ?C’était bête…

-        Bien sûr Henry

-        Dis moi … quand tu veux ?

On a un peu discuté de nos agendas, de nos projets, elle se serrait contre moi. 

-        Tu me téléphones demain ?

C’était dans l’urgence, c’était du court terme, c’était le début d’une histoire difficile.

 

Nous nous sommes rappelés, nous nous sommes revus.  On faisait l’amour tout en parlant de nos vies respectives, on riait de nos malheurs passés.

19:47 Écrit par (C) Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre maison dossier divorce |  Facebook |

19.03.2008

Madeleine et le Nouvel An

C’était la nouvelle année.  Nous étions un groupe assez hétéroclite.  Madeleine, sans son mari, était collègue de mon épouse.  Elle était responsable d’un département proche.  Les autres étaient soit des parents de son mari, soit des collègues de son côté.  Nos amis à nous faisaient la fête en ville, ils étaient plus jeunes, avec des enfants en bas âge à charge.

 

Enfin tout le groupe avait eu le bonheur et la joie de pouvoir s’embrasser sans retenue aucune sous les douze coups de minuit, après cet exercice physique des plus visqueux nous pouvions vaquer à d’autres occupations que la bouffe et la boisson dans l’attente du moment fatidique. Madeleine et moi dansions un slow, c’est la seule danse d’ailleurs que je pratique plus ou moins convenablement, c’est aussi la seule pour ma part en tout cas, pour laquelle il y a un partenaire qui danse avec vous.  Je suis incapable de faire un vrai rock, et les autres danses, si tu singe ton partenaire pour la séduire, cela se limite généralement à quelques mesures, chacun retourne vite dans sa solitude.

 

Son corps serrait le mien, je sentais son ventre, ses seins, tout se balançait dans un rythme langoureux, malgré l’heure et l’alcool, mon corps réagissait parfaitement au sien.  Et elle n’arrêtait pas de dire que j’étais son ami.  Je bandais donc, malgré que je trouvais cette approche amicale un brin insatisfaisante. Un peu donc seulement.  Je ne savais pas si je devais le lui cacher.  Même bourré je restais un gentleman, je ne me jetais pas sur tout ce qui bouge,  je ne draguais même pas.  Même si j’étais nettement moins gêné.  Ce soir là, je n’étais d’ailleurs pas gêné du tout, juste un gentleman.  Mais elle sentais bien qu’elle me faisait de l’effet.  Un deuxième slow commençait, je m’écartais.

-        Non, non, continue.

 Je l’enlaçait de nouveau, ma main dans son dos frôlait son soutien-gorge, je bandais toujours. Je la caressait un peu, enfin je bougeais ma main de temps en temps, j’aimais cette sensation de rechercher un corps nu sous les vêtements, j’ai toujours pensé qu’un vêtement rendait une femme plus sexy, ou même simplement plus sensuelle qu’un corps nu.  Je ne descendait pas plus bas, je trouvais vulgaire les gens qui mettent la main aux fesses de leur partenaire, s’ils ont envie de baiser ils ne sont pas obligé de le signaler à tout le monde.  A moins qu’ils soient fier de montrer aux autres hommes qu’ils baisent l’objet qu’ils ont entre leur main.  Ce n’est pas mon style.

 

Sa jambe frôlait ma jambe, quoi de plus normal, mais aussi mon sexe sans retenue, j’étais bien. Jusqu’au moment ou son GSM sonna.

-        C’est mon mari.

Il n’était pas à la soirée, mais il aurait bien fait d’y être.  Je la voyais s’éloigner, et moi je restais là planté comme un c… seul sur la piste de danse.  Je rejoignais Myriam, mon épouse à table, je l’invitais à danser.  J’étais revenu dans un état normal, pour quelques instants, ma femme avait une robe très sexy comme à l’habitude.  Je ne redémarrais cependant pas tout de suite, je me demandais ce qui se passait dans la tête de Madeleine, j’étais donc un peu absent sur la piste de danse.  L’ambiance était un peu cassée.  Je n’étais pas là pour casser les couples, je subissait la vie, parfois avec un certain plaisir c’est sûr.   La soirée s’est achevée sans autre activité sexuelle, moi par cause d’augmentation lente mais sûre du taux d’alcoolémie,  Madeleine furieuse sur son mari pour une raison que je n’apprendrais que bien plus tard.  De toute façon je ne faisais rien, que d’attendre après un mot d’elle qui me dirait par exemple, Henry, ne soit pas qu’un ami, soit aussi mon amant … Je fantasmais en buvant mon verre de vin rouge, en regardant les autres couples danser sur la piste.

 

C’était une nouvelle année, les douze coups de minuit avaient sonnés, j’étais attablé, elle dansait sur la piste.  Elle s’approcha de moi, j’envoyais un confetti en l’air, il atterri dans son décolleté.  Elle se senti perdue, je me levai, me proposant de l’aider.  Je glissais ma main dans son décolleté à la recherche du papier disparu, que je ne trouvais pas évidemment.  Devant tout le monde je n’aurais pas mis mon bras dans son décolleté pour le rechercher dans sa culotte, ça ne me semblait pas faisable, et puis j’étais très heureux avec ses seins.  Je n’avais encore rien fait de grave, je n’avais pas soupesé la marchandise, ni même caressé un peu de peau, enfin au passage, mais pas de viol, que je voyais dans ses yeux la panique arriver.  Je retirais prestement ma main, je la complimentais sur son décolleté, l’air d’un satyre, pour qu’elle se sente à l’aise, avec de l’humour de fin de beuverie. Je n’ai pas une poitrine terrible !

-        Elle suffit à mon bonheur…

Je prenais un autre bout confetti.

-        Tu ne vas pas recommencer ?

-        Je n’ai pas encore tout exploré !

-        Ce n’est pas l’endroit !

-        Ou tu veux quand tu veux …

-        Ben, en tout cas pas ce soir et pas ici.

Elle se recula pour aller danser.  Je ne revenais plus sur l’incident, les slows n’avaient plus la côte non plus, on dansait soit seul dans son coin, soit on s’agrippait par les épaules pour les farandoles. Je n’aimais ni l’un ni l’autre, j’étais calme à ma table.  Jusqu’à une valse.   Elle voulait absolument danser avec moi.  Je regardais autour de moi, il devait y avoir un tas de meilleurs danseurs que moi à moins d’un mètre de moi.  Elle insista tellement que je l’ai suivie, de toute façon j’étais suffisamment bourré que pour m’agiter en donnant l’impression de danser.  Et puis, les premiers moments de honte passés, je ressentais à nouveau son corps collé contre le mien, mais sans résultat.  Je me consacrais quand même à mon job, faire un danseur honorable de valse.  Mon adrénaline ne descendait pas dans mon entre jambe.  Elle me félicitait pour mes efforts tandis que son mari nous regardait. Je m’imaginais bien qu’elle voulait le rendre jaloux, elle se frottait contre moi juste pour l’emm… Enfin, un jour je lui poserai la question.  Je m’amusait quand même un peu, essayant tant bien que mal de suivre le tempo.  J’eu droit à des compliments lorsque cette musique à la c… s’arrêta, je retournai m’asseoir totalement indécis.   On repris cet histoire totalement insensée dans un slow langoureux, elle me murmura à l’oreille :

-        Tu es un vrai ami

Bon, je lorgnais la serveuse, elle était mignonne, mais surtout elle avait une bouteille de champagne sur un plateau, je n’en voulais pas plus ce soir.  Je me remis à caresser son dos, j’avais envie de dégrafer son soutien gorger, juste par gaminerie, il n’y avait plus rien de sexuel ce soir.

-        Je te donnerai l’occasion de le dégrafer un jour si tu veux …

Je pensais que c’était la nouvelle année, pas Saint Nicolas.  J’avoue que je ne comprends rien aux femmes.

-        T’ais-je déjà dis : Ou tu veux quand tu veux…

Elle rit.

-        Tu me l’a déjà dis.

-        Je suis vraiment désolé de me répéter alors, mais c’est où tu veux quand tu veux.

-        Mais j’avais bien compris.

Y a des jours où je ne suis pas sûr de me faire bien comprendre…

Sa jambe frôla mon sexe, qui entre temps, avait tout oublié de certaines remarques sur l’amitié, pour se rappeler que l’amour ça exigeait un peu de rigueur.  Sa jambe était bien d’accord avec cela. 

Nous en sommes restés là ce soir.

 

 

-        Bonjour, Myriam est prête ?

-        Myriam ? ben non … je vais la chercher à son bureau dès qu’elle m’appelle.

-       

-        Attend là ici, elle va bientôt m’appeler

-        Tu crois ?

-        Et le moral ?

-        Pas terrible … Je ne te racontes pas !

-        Allez un petit verre, çà aide… ou une séance de baise, ça changes les idées aussi...

Bon, depuis le temps que j’en avais envie, mais ma délicatesse habituelle avait pris des vacances, semblait-il. J’allais prendre au pire un commentaire dédaigneux, au mieux une baffe, ou dans le désordre, voire les deux en un seul paquet cadeau.  Mais cela faisait des mois qu’elle m’excitait, elle jouait bien le jeu de la séduction, j’étais son meilleur ami.

Ca n’arrange pas mon sexe de voir le menu sans y goûter.

-        Ben, je commencerai bien par un petit verre…

-        Pour le sexe, tu t’installes où tu veux.  C’est entre ami, il ne faut pas faire de chichi !

-        Sers moi toujours.

Elle me répondait en souriant, pas vraiment offusquée. Elle s’est assise sur l’accoudoir du fauteuil, écartant les jambes sur une jupe courte lorsque je m’approchais.

-        L’alcool me fait du bien.

-        On a ce point commun là.  Et le sexe ?

-        Je me suis promise de ne pas faire comme lui. Mais…

-        Je ne voudrais pas que tu fasses comme lui.  Je voyais cela comme se déconnecter quelques instants.  Un instant d’oubli et de pur plaisir.  Pas d’arrières pensées, pas de culpabilité, juste un peu de plaisir partagé avec un ami.

-        Et l’ami c’est toi évidemment !

-        Je pense avoir toujours été là…

-        C’est vrai

Elle m’a attiré contre elle.  Je l’ai embrassée. J’avais envie de la caresser, de presser mon sexe dur entre ses cuisses largement ouvertes…

-        Pas aujourd’hui

-        Je suis là …

-        Evidemment

-        … Pas que pour baiser

-        Je sais Henry

-        … Bien que …

J’étais entre ses jambes écartées, je bandais, je l’embrassait. J’étais à demi plié. Je voulais que mon sexe la touche, je la poussait un peu en arrière, elle dû s’appuyer d’un bras sur le dossier, l’autre sur l’accoudoir, mon sexe atterrit sur son ventre. J’imaginais que peut être elle ne voulait pas, cela faisait deux ans qu’elle ne voulait pas, je ne pensait pas du tout la violer, c’était un simple geste inconvenant entre deux adultes.  J’en avais marre d’être l’ami qu’on chauffe quand on en a besoin, pourtant je me suis reculé, je n’avais jamais fait de mal à une mouche, et mon sexe ne m’a jamais dicté ma raison. 

Elle ne m’a pas retenu, elle ne m’a fait aucun reproche.  Etais-je trop policé ? Sûrement, mais c’était moi.

 

Ensuite mon épouse a téléphoné et Madeleine est partie la chercher pour aller ensemble à la piscine.

-        Merci pour tout Henry.

Je suis resté seul devant mon ordinateur, il y avait quand même Internet … 

 

Elles s’étaient fixées une ligne de conduite, parce que la ligne, le poids sont des moteurs de la vie féminine importants.  Ils devraient l’être pour les hommes aussi, passant leur temps à admirer les silhouettes féminines tout en se négligeant eux-mêmes.  Pour ma part, je ne faisais absolument pas attention à mes formes, j’étais bien dans mon cerveau, et les lignes de la femme étaient mises en valeur par leur vêtement, leur charme, et quelques rondeurs bien placées. Je ne suis pas différents des autres, plus cool certainement sur ce sujet là. 

 

Ces après-midi où elles s’en allaient à deux me plaisaient à deux titres.  D’une part parce que Madeleine passait à la maison, se racontait un peu, ses histoires de cœur, jamais d’histoire de cul, et parce que je pouvais travailler en paix, malgré l’heure, le brouhaha de la vie quotidienne.  Parfois elle avait une robe plus sexy que d’habitude, elle le savait, elle faisait remarquer à mon épouse :

-        J’ai mis un décolleté qui va plaire à Henry

-        Oh oui ! …

Et je passais pour l’obsédé sexuel du coin, cela les faisaient rire, de toute façon ce gentil nounours était inoffensif…  Je jouais donc le jeu, je regardais, je mettais ma main, elles se demandaient parfois si elles avaient eu raison de me provoquer.

 

 

Nous sortions souvent ensemble, parfois sa jambe frôlais la mienne avec insistance, et je répondais franchement, d’autrefois je ne savais pas l’approcher, je ne l’intéressait pas.   J’étais sans doute un jouet dans sa vie, se plaignant de son mari et cherchant un réconfort, ou trouvant la vie matérielle suffisamment confortable, et dédaignant alors tout prétendant.  Je m’en foutais complètement, non pas que je n’aie aucune estime de moi, je prenais simplement de la vie que ce qu’elle voulait bien me donner, donc au jour le jour, je n’avais aucune exigence, que pour moi même, et encore devais je être bien bas pour avoir envie de sauter une autre femme que la mienne.

 

Sauf que Madeleine venait souvent quand Myriam n’était pas là, semblant être étonnée d’une telle méprise. 

-        Myriam n’est pas là ?

-        Non aujourd’hui elle est partie directement à la piscine.

-        Ah …

Au début elle n’entrait pas.  Je faisais la conversation comme je pouvais sur le pas de la porte.  Souvent une voisine pointait le bout de son nez, ais-je dit que j’habitais un village, Madeleine me faisait alors une bise très sage, et s’en allait à la piscine.

 

-        Alzheimer tu connais ?

-       

-        T’as oublié cela aussi, je comprends… Comment vas le moral ?

Depuis la première visite je m’étais monté un scénario de copulation dans la tête, mon sexe finirait par l’emporter sur mon cerveau, une fois n’est pas coutume. 

-       

-        Entre…

-       

-        De l’alcool cette fois ci, et …

-       

-        Du sexe ?

-        Je ne sais pas Henry …

-        Si tu savais, un tas d’autres décisions auraient été prises.

-       

-        Ne décides rien, enfin si, laisse toi aller un instant

-        Je ne sais pas Henry…

Et elle tomba dans mes bras en pleures.  J’étais mal parti, mon scénario de sexe à la poubelle, je ne pouvais pas bander dans des circonstances pareilles.  Elle releva la tête de mon épaule pour me regarder, son corps collé contre le mien, ma main dans son dos sentait son soutien gorge, mon affection se transforma en un dixième de seconde en désir.  Elle continua à me regarder, bien que mon sexe durcissait de plus en plus dans mon pantalon sans y trouver sa place, j’aurais bien voulu l’aider mais je préférais ne pas bouger.  On s’est embrassé.

-        Je ne penses à rien Henry !

Je me suis déshabillé, je l’ai déshabillée, nous avons copulé comme des bêtes.  Elle est repartie en me disant – ‘Merci pour tout’.

En réalité, je me suis reculé pour remettre les choses dans mon pantalon en ordre, je me suis rapproché tout en dégrafant son soutien gorge dans son dos.  Nous étions enfin prêts après quelques années de tâtonnement.  J’ai glissé mes mains sous son chemisier à la recherche de ses seins, elle l’a enlevé en quelques secondes, se débarrassant en même temps de son soutien.   Elle était assise sur le bras du fauteuil, j’écartais ses jambes pour m’occuper de son sexe, elle avait deux mains de libre, elle les employa à me déculotter.  Je la pénétrais sans même lui enlever son slip, je me trouvais comme un gamin devant sa première fille qu’il veut absolument sauter.  Elle me regardait en riant.

-        Tu m’as l’air en manque ?

-       

-       

-        De toi, depuis le temps que je te touches… que tu me plais…

-        Merci

-        Ben non, aujourd’hui c’est à moi à dire : ‘Merci pour tout’

-        Elle rit.  Elle enfonça sa tête entre mes épaules, je continuais mon va et vient en elle jusqu’à ce que je jouisses.  On est resté comme cela quelques instants. 

Je me retirai pour la regarder, elle n’était pas du tout gênée.  J’allais chercher un essuie de cuisine, je frottais doucement son sexe.  Tout me semblait neuf, rien ne semblait la déranger.

-        Tu bandes toujours !

-        Ce n’est qu’un réflexe, je suis incapable de recommencer

-        Oh …

Je ne me suis jamais montré plus bête que je n’étais, mais parfois il faut savoir rugir plus fort que la bête qui dort en soi …

-        Bon, écoutes, agenouilles-toi devant le fauteuil, je ne voudrais pas…

-        Comme cela ?

Je n’avais rien expliqué qu’elle voulait recommencer. Je suppose que dans ma jouissance je l’avais un peu oubliée au passage, soit. J’ai repris le mouvement, je pouvais m’occuper d’elle, mon envie étant plus contrôlée.  Je cherchais les gestes, les caresses, les zones qui la faisaient frémir.  J’ai donc été longtemps, simplement parce que deux fois de suite pour un homme c’est dans les films, et puis je profitais du temps pour m’occuper d’elle… Elle jouit, moi aussi juste après, son ventre se resserrant sur mon sexe, je ne pouvais malgré tout pas résister.  On était accouplé, moi derrière elle, me reposant finalement sur son dos, les deux mains coincées sur ses seins, elle agenouillée sur les quelques coussins que j’avais trouvé dans les fauteuils, se reposant sur le fauteuil, cul contre sexe.  J’imaginais un instant de jouer avec ce cul offert, mais mon sexe était définitivement défaillant, et je reprenais, hélas, rapidement compte de la réalité de notre situation.  Elle voulait une douche ?  La piscine en était remplie.  On s’est quitté très très réaliste, il n’y avait pas d’amour, que deux solitudes exacerbées, que deux corps étrangers malgré la nudité transpirant le sexe.

 

Cela ne nous a pas empêché de nous quitter les yeux dans les yeux, exprimant frustrations, désirs, self contrôle, non lieu.

 

Elle m’a entraîné à la piscine.  Pas la première fois évidemment, je faisais de la résistance, je jouais sur mon travail, mon côté intellectuel, si je plongeais dans la piscine, je ferais comme Obélix, je viderais l’eau… le danger de se fréquenter trop souvent, de se cotoyer en tenue légère, je me voyais très bien bandant dans la piscine sous le regard des mamans fréquentant la piscine… Jusqu’au jour où elle me suggéra de faire l’amour dans la cabine.  Je ne refusais pas…  Mon sexe avait définitivement contrôlé mon cerveau…

 

Je me retrouvais donc dans les cabines de déshabillage de la piscine, à poils, entrain d’attendre que Myriam soit partie prendre sa douche, puis direction la piscine, pour moi aller rejoindre Myriam dans sa cabine, j’avais alors mon maillot, ou pour attendre qu’elle frappe à ma porte, en fonction de ce que nous avions pu convenir, entre deux regards, deux portes de voitures…

20:59 Écrit par (C) Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, nouvel an, madeleine, sport |  Facebook |

19.02.2008

Rencontre a Vittel

Je l’avais rencontrée lors d’un voyage à Londres.  C’était un voyage d’affaire, mais aussi un voyage d’agrément, ma famille et moi même étions invité par une société.  Elle faisait partie de la même boite que ma femme, et elle avait eu droit aux mêmes avantages.  Cela restait des cadeaux un peu exceptionnel, cela ne me dérangeait pas outre mesure de mélanger la vie familiale et le vie professionnelle.  Je restais persuadé que je savais me tenir, c’est à dire avoir un comportement cool dans un encadrement professionnel, où l’on reste un employé quelque soit les circonstances.

 

Nous avons pris possession de notre chambre, et nous ne savions que faire, bien que le faire seul nous paraissait évident, tout en sachant que nous croiserions des touristes bien connu un peu tout partout.  Ne fut-ce qu’aux repas.  Nous repérions donc d’abord les commodités de l’hôtel, pour y trouver une piscine avec sauna, jacuzzi etc.  Après tout, nous pourrions nous détendre après quelques kilomètres dans les magasins, suivis ou précédés de quelques kilomètres dans les musées.  Il manquait la discothèque intégrée, mais des endroits dans Londres pour danser ne devaient pas manquer. 

 

Je prenais donc le plan bien en main, et nous sortions bon pied bon œil dans cette ville à la fois moderne et archaïque. La mentalité anglaise, avec ses règles strict, je pense aux horaires des pubs, ses cadres costumés était complètement contrastée par les jeunes bigarrés.  Bref nous nous amusions tant par l’ambiance de vacances que nous nous créions,  par l’environnement multi culturel, à l’architecture d’après guerre, sociale, et tout à la fois coloniale, que par les découvertes culturelles.

Et le soir nous nous retrouvions fourbu dans la piscine.  Nous étions peu nombreux à la fréquenter, l’heure sans doute, juste avant le repas certains profitaient de l’apéro, l’installation aussi sans doute, une piscine au sous sol de l’hôtel n’inspire pas nécessairement.  Bref je pouvais faire des longueurs à mon aise, sortir tranquillement sans que mon physique d’athlète un peu fatigué n’attise les regards, pour aller au jacuzzi me détendre.

Chantal fréquentait avec son mari le même endroit au même moment.  Je voyais bien qu’il n’aimait pas trop cela.  C’est à dire tout.  Mon épouse avait évidemment engagé la conversation, et elle voulait tout savoir.  Monsieur suivait Madame, pas comme moi, j’aime la ville, lui non, j’aime les magasins, à dose normale s’entend, lui non, mais il était là quand même.

 

Je ne critiquais donc pas, je n’imposais pas non plus mes vertus, je n’étais absolument pas un modèle, un peu moins que l’homme de cro-magnon, mais rien de la fashion victime, ou de super-macho qui promène madame au bout de sa carte visa.  Je la regardais du coin de l’œil, monsieur dans son coin n’avait pas envie de mon amitié, ou sans doute ne savait pas comment m’aborder, les femmes devisant à faire taire les hauts parleurs d’ambiance.  Elle croisait cependant mon regard et me souriait, je lui répondait avant de me lever pour piquer une tête.  J’aimais mieux passer pour mal poli que de montrer qu’elle me troublait.

 

Mais je revenais dans le jacuzzi.   Et il y avait toujours un instant ou ses dames parlaient de moi, ou je la regardais et où elle me souriait, et où j’avais envie de me lever pour plonger dans la piscine.  Je me retins quand même, continuant de la regarder droit dans les yeux, tout sourire.  Je n’imaginais rien, la situation était sans doute très simple, je la trouvais quand même un rien embarrassante,  mon cerveau me disait de faire attention aux regards de nos conjoints respectifs.  J’entamais donc la conversation avec son mari, je crus un instant qu’elle fût soulagée.

 

Cela dura deux jours de suite.  Si la première fois nous étions les premiers, les deux jours suivants ils étaient déjà là quand nous arrivions. Horaire, fatigue, ennui ?   Je me glissais avec délice dans le jacuzzi, je n’étais absolument pas détendu, mais j’étais bien dans ma peau.

Je déposais régulièrement mon épouse tôt le matin, quand elle avait bien voulu se lever à l’heure, et quand le plaisir de la salle de bain se mettait à l’heure du bureau.  Bref pas souvent, mais ça arrivait quand même.  Je n’avais donc pas d’heure, elle non plus, et les embouteillages dus aux écoles n’arrangeaient rien.  Mais à l’époque je travaillais quelques centaines de mètres plus loin, et je faisais un métier pour lequel j’étais souvent sur la route.  A part le manque de rigueur, le stress de devoir faire trois fois le tour du pâté de maison parce qu’on a oublié quelque chose, tout allait bien.  Et puis je tombais de temps en temps sur Chantal, qui riait comme ce week-end à Londres, à chaque foi. J’ai toujours été émus par le sourire d’une jolie femme. Il y a vraiment pire pour commencer la journée.  Et dire que je n’arrivais pas à synchroniser nos arrivées … 

 

Parfois c’est à l’heure de sortie, et j’avais le plaisir de la voir à nouveau, elle bavardait avec mon épouse, et j’avais droit au même sourire, quant elle avait le temps elle me regardait et elle riait.  C’est la seule occasion où j’excusais ma femme qui parlait pendant des heures, pendant que j’attendais dans ma voiture.  J’aurais pu sortir bien entendu, mais c’est toujours au moment de défaire ma ceinture qu’elles se disaient au revoir.  Parfois, nous la déposions 300 mètres plus loin, parce qu’il faisait noir, pluvieux…

ça ne vous déranges pas ?

Deux jolies filles dans ma voiture, cela ne me déranges jamais…

Et elles riaient.  Encore et encore.  Je vis de joies simples, bien que je commençais à avoir envie de les compliquer un petit peu.

 

J’avais la chance d’être invité avec mon épouse à des ‘event’ familiaux par sa société, je pouvais alors espérer entamer une conversation avec Chantal un peu plus élaborée que le simple ‘Bonjour, comment vas-tu ? », dans un cadre plus détendu.  Bien sûr elle était accompagnée de son mari, c’est sans doute l’occasion de faire le point : lui ou moi.

 

Mais il était finalement moins évident de passer de ‘service’ en ‘service’ chacun restant près de ses collègues, le but du jeu, c’est-à-dire de faire connaissance avec les gens à qui on parle au téléphone, ne marche pas souvent bien.   Le groupe des collègues de ma femme s’entendait bien avec le service de Chantal, je trouvais donc le temps de commencer une conversation banale, des phrases bateau du style

-        Tu ris tout le temps c’est gai !

-        On n’a pas toujours le choix …

-        Bohh… j’espère quand même que quand tu me souris, tu as le choix !

-        Ahahah, oui ne t’inquiètes pas !

-        Moi, ça me fait du bien, quand je te vois et que tu me souris…

-        C’est vrai ?!

-        Oui, ma journée commence bien.  Je devrais te voir plus souvent.

Bon, allez, je draguais un peu.

-        C’est gentil

-        Je peux me permettre de t’inviter un jour à dîner ?

-          Je ne sais pas.

-        Je mords, c’est vrai, mais juste la viande qu’il y a dans mon assiette …

-        Ahahah

-        Ben moi aussi je te fais rire !

-        C’est vrai

-        Je ne t’invites qu’à dîner !

-        C'est d'accord.

Je lui souriais, et je tournais la tête pour rechercher après mon épouse.  En désespoir de me voir surveiller, et donc finalement sermonné, elle avait dû, par pur bonheur et par pur hasard m’oublier en face d’une superbe jeune femme, je continuais alors ma drague.

-        Tu es dans quel hôtel ?

-        Celui-ci

-        Parfait !

Elle rit en voyant mon air, elle n’était pas trop effarouchée.  Je me sentais comme le TV, aller directement à destination.  Je voyais quand même qu’il y avait des gens autour de nous, prêts à rapporter le moindre bruit, prêt surtout à colporter n’importe quoi du moment que l’on puisse faire du tort.  Généralement pour le simple plaisir de faire du tort. Je mis donc quand même et ma voix et mon appétit sexuel en veilleuse, je n’avais absolument pas l’intention de lui nuire, surtout si seul mon esprit sautait les barrières.

-        Parfait ?

-        Ben, le matin, je me lèverai et je croiserai ton sourire, moui… parfait

-        Quel drageur !

-        Et quel étage ?

-        Le deuxième

-        Le même que le mien !

-       

-        Ben, si on se croise je te dis bonjour, je peux ?

-        Ahahah

-        Je peux donc…

-       

-        et t’embrasser ?

-        ?

-        Juste sur la joue ! Je sais me tenir !

-        Tu me fais peur !

-        Howww … Désolé… mais ne me frappes pas s’il te plait !

Elle me caressa la joue.

-        Tu es un gentil garçon Henry, je ne te frapperai pas

-        Alors je t’embrasserai !

-        Seulement sur la joue !

-        Hummmm. On verra !

Je l’ai quittée un peu inquiète, mais donc j’avais pris un peu de place près d’elle. Je voulais me faire remarquer autrement qu’en me souriant au travers d’une glace de voiture.  Je devais m’arranger maintenant pour la rencontrer dans le couloir le matin, ce qui était hautement improbable.  En effet je me levais tard, et je supposais qu’elle se levait assez tôt.  Je décidais d’en avoir le cœur net, il faudrait que j’aiguille la conversation sur ce sujet.  Il fallait aussi trouver une nouvelle occasion de parler, bref organiser une rencontre.  Je commençais à m’amuser.

 

Les occasions n’étaient pas fréquentes du tout, je l’ai dis, les groupes se côtoyaient entre service et pas de mélange de personnes venues de l’extérieur.  Et c’était professionnel, il ne s’agissait pas de commettre d’impair, bien qu’un petit coup à boire ne semblait pas en déranger certain.  J’essayais de garder la tête froide et les yeux en face de mes interlocuteurs, plutôt qu’à la recherche de Chantal. 

 

Le soir venu nous sommes allés dîner.  C’étaient des grandes tables, chacun se mettait où il le voulait, en fonction du nombre de personnes à s’asseoir, du nombre de place donc, des affinités itou. Il y a avait deux places libres à sa table, je dirigeais adroitement mon épouse vers cette table.

-        La place est-elle libre ?

 

Je déposais par hasard mon assiette sur la table.

-        Tu ne prends rien d’autre ? me demanda mon épouse.

-        Après peut-être !

-        On peut aller se resservir, m’aida Chantal.

-        Dans trente secondes il n’y a plus de place… Si ces gens nous accepte ?

-        Il n’y a pas de problème, répondit-elle en souriant

Et la conversation continua sur ce ton, je m’étais installé à son côté.  Je n’avais plus fin, mais, pas très bavard, la nourriture m’aidait à combler les vides.  Heureusement, elle avait envie de parler, de me connaître peut-être, c’est elle qui m’interrogeait sur mon boulot.  Je déconnais un peu, il n’y a rien de plus chiant que de parler de soi, et encore plus du boulot.   J’évitais malgré tout de faire une feinte à la c… à chaque phrase, même si j’aimais la voir sourire.  Sa jambe finit par frôler la mienne, je ne bougeais pas.  Je ne voulait pas augmenté la pression, je ne savais pas ce qu’elle voulait, hasard ou volonté de ma draguer ?  Je voyais à son regard qu’elle ne savait pas si elle devait s’excuser de me frôler, je la regardais de mon regard le plus amoureux possible, couleur tendresse, avec un soupçon de demande en mariage.  Mon visage a toujours été un livre ouvert, mon attitude l’a bien souvent contre dit, je suis un type assez difficile à cerner.  Mais ma jambe restait collée à la sienne, par contre aucun autre mouvement ne me trahissait.  Elle rougit, je lui sourit timidement, pour retourner à mon assiette rapidement, je me demandais quand même ce que faisaient les autres, cela restait un endroit où tout le monde vous épie, où toutes les rumeurs se créent pour ne jamais disparaître.  Et puis finalement je ne savais plus ce que je voulais.  Cette femme qui vous fait des grands sourires se trouvait être aussi une grande timide.  Comme moi… J’évitais de la regarder pendant le repas, sa jambe toujours contre la mienne, jusqu’au moment où je sentais la pression plus forte.  Je savais que cette situation devait tourner dans sa tête autant que dans la mienne.  Je la savais perdue, et sans doute je ne l’aidais pas. Naturellement je me retournais vers elle pour prendre de la main gauche un plat un peu devant elle, ma main droite se déposait sur sa hanche, et j’eu un sourire le plus gentil possible, un peu triste sans doute. 

Elle sourit à nouveau, moi aussi. Je ne pouvais pas laisser ma main, je la frôlais, caressais sa jambe, le coin de l’œil fixant froidement son mari, je m’attardais sur sa cuisse autant que je le pouvais.  Elle se pencha sur la table, à la recherche de je ne sais quoi, elle non plus d’ailleurs, je caressais sa jambe, frôlant son ventre, pour reprendre ensuite une attitude normale.

Tu veux me passer la bouteille d’eau, me demanda Chantal ?

Je me penchais à mon tout sur la table, tendant le bras vers la bouteille en question, pour sentir sa main sur ma jambe. Je dus sourire.

-        Tu as l’air d’avoir du mal, me dis mon épouse.

-        Ben, mon bras est moins doué pour la bouteille d’eau sans doute, répondis-je en continuant de sourire.

-        Arrête ! finit par dire mon épouse.

Elle n’aimait pas mon humour de pseudo alcoolique.  J’aimais mieux rire de moi que des autres, j’aimais mieux rire de la boisson que de la guerre, la mort, la maladie, que sais-je encore… Mais moi j’étais vachement de bonne humeur.  Je récupérais cette foutue bouteille d’eau, et toujours de ma main gauche je servais Chantal, tout en la caressant de la main droite.  Elle s’était accoudée à table, elle s’était finalement offerte à ma main.  Je restais sur la qui-vive, les gens passaient, regardaient, nous parlaient, j’étais sage, bien que plus le temps passait plus nous approchions du retour, mais je savais qu’il y avait quelque chose entre nous, je ne voulais rien gâcher.  Nous étions un peu stressé, c’est le début sans doue d’une histoire d’amour passionnée.

 

Le repas fini enfin, l’ambiance était à la discothèque, après tout nous étions au Club Med.  Je voyais bien que le mari de Chantal n’était pas enchanté, elle bien.  Je ne voulais pas jouer la concurrence, je laissais les femmes s’arranger entre elles, me contentant d’assumer à la fois mon rôle de jeune cadre fatigué, tout en autorisant royalement mon épouse à entraîner ses copines avec elle dans un lieu de perdition, sous l’œil protecteur du mâle.  Nous sommes tous des pantins de quelqu’un, les manipulateurs de quelqu’un d’autre …

Une bonne partie de la table s’est donc dirigée vers la discothèque, pas très éloignée, et rencontrant des collègues au passage nous les invitions à nous rejoindre.  Finalement un groupe d’une vingtaine de personnes débarqua dans l’entrée de la boite de nuit, j’avais perdu de vue Chantal et son mari, je les oubliais un instant, le temps de me mettre dans l’ambiance.  Et puis nous racontions notre journée à l’un l’autre, les exploits sportifs des grandes gueules qui étaient allé prouver à tout le monde qu’ils sont les meilleurs au boulot et sur un terrain de sport, les balades nature des adeptes de l’écologie au bout de la semelle, les parents qui avaient promené leur gosses dans le parc.  L’ambiance montait avec la musique, le bar était all-in.  Il y aurait encore des exploits à raconter demain matin.

 

Je recommençais à chercher après Chantal, je parcourrais du regard la salle.  Elle était en train de danser avec son mari sur une musique endiablée.  Elle s’en sortait très bien, mieux que lui, et lui beaucoup mieux que moi.  J’aimais bien la musique, assis sur un tabouret un verre à la main.  Ca n’allait pas m’aider, mais je me refusais à être parfait.

 

Je regardais donc les couples danser.  Certains se formaient sans doute ce soir-là, l’après-midi n’ayant sans doute été qu’un prélude.  Je souriais à cette pensée, je trouvais qu’une histoire, de sexe ou d’amour d’ailleurs, était quelque chose de bien dans la vie, un moment intense, sans doute unique, ou des êtres vivaient pour d’autres êtres, plutôt que par habitude, par besoin, pour un boulot, une maison… J’étais perdu dans mes pensées philosophiques, un rien éméché, quand Chantal est venue me chercher pour un slow.

Allez viens, tu as l’air tout sérieux !

Mon regard parti quémander l’approbation de mon épouse, qui discutait avec des copains un verre à la main.

C’est super gentil !

J’avais du mal à trouver les mots.  La fatigue je disais ? et un peu de stress quand même.

-        J’en avais envie.

-        Ben des envies comme celle-là, c’est suffisant pour mon bonheur.

-        Ahah

-        En plus je t’ai vu danser.  J’ai peur de te marcher sur les pieds.

-        Laisse toi aller…

-        Je vais essayer de mener quand même. 

-       

-        Ca va ?

-        C’est parfait

Bon, j’avais envie de faire des compliments, mais avec la musique, faire la conversation ça paraissait difficile, et puis devais-je vraiment faire un cinéma.  Je sentais son corps contre le mien, ses côtes dans son dos, son soutien gorge… Je bandais un peu.

-        Tu me trouves excitante ?

-        Tu lis dans mes pensées maintenant ?

-        Ahahah

Mes mains se baladaient dans son dos, je n’allais pas plus loin, on nous regardait sans doute.

-        Oui, tu es belle, j’ai envie de toi.

-        Merci

-        Ce n’est pas vraiment l’endroit, ni ici, ni ce week end

-        Je ne penses pas non plus

-        Mais j’aimerai toucher autre chose que ton dos

-        Hmmm

-        J’ai envie de t’embrasser

-        Tu as beaucoup d’envies…

-        Excuse moi !

-        Non, non, il n’y a pas de souci !

-        Si je ne devrais pas parler de cul comme cela, en principe je suis bien élevé

-        Je sais que tu es bien élevé, et c’est moi qui t’ai provoqué, rappels-toi.

-        Bon, tu as remarqué…

-        ?

-        Le rythme a changé, mais c’est encore un slow !

Elle a ris, et nous avons continué a danser, elle collée contre moi, moi essayant de trouver des histoires à rire, tout en me tenant bien, laissant donc mes mains tranquilles, malgré l’envie que j’avais de caresser son corps.

-        Tu débandes !

-        Je deviens romantique, désolé.

-        Hmmm, ne le soit pas trop !

-        Et tu me fais une scène parce que je cherches un endroit pour te sauter !

-        Me sauter ?

-        Te faire l’amour !

-        Ben j’avais compris figure toi ! Mais tu passes vite du romantisme à la bête.

-        Et tu n’as encore rien vu

-        Ahahah

Je l’ai regardée dans les yeux, et j’avais une furieuse envie de l’embrasser.  Mais la musique changea, la techno repris ses droits.  Elle s’est éloignée, reprise par le rythme, par la chaleur aussi sans doute.  Je me retirais, j’étais nul en danse, je le savais, et il étais temps de redescendre sur terre.  Elle me cherchait du regard, ne comprenant sans doute pas ce qui se passait, jusqu’à la seconde où elle vit débarquer son mari sur la piste de danse.  Elle rougit, je vis bien qu’il y avait de l’orage dans l’air. Je m’en voulais.  Je revenais au bar d’un air non chaland, personne d’autres ne s’occupait  de nous.  Je commandais un whisky, et je retrouvais le groupe avec lequel ma femme conversait.  J’étais inquiet, pour Chantal, j’observais son couple.  Y avait-il dispute ? En pleine réunion professionnelle… J’étais con. Mon verre de whisky à la main.  Rien ne tournait rond finalement.  J’étais dans le groupe sans y être, de toute façon avec le bruit on ne pouvait rien entendre.  J’ai vu le mari quitter la piste de danse et reprendre l’escalier de la sortie, Chantal qui s’est remise à danser, et son regard qui a croisé le mien.  Elle m’a fait un sourire pour me dire ‘rien de grave’, et m’ a fait signe de la rejoindre sur la piste.  J’ai donc déposé mon vers et je suis allé m’agiter sous les spootlights chauffés à blanc.   J’avais décidé que le ridicule ne tuait pas.  On s’est amusé ainsi toute la soirée, ma femme finissant par nous rejoindre.

-        et alors, tu ne décolles plus ?

-        on ne s’entend pas parler !

-        y a l’air que Chantal te plais bien …

-        pendant que vous parlez bureau, je danse…

La soirée a continué sur ce ton mi reproche, mi badin.  Il y avait de l’ambiance, la musique était un peu trop new wave pour moi, l’alcool était gratuit, Chantal dansait sur la piste…

Je n’avais plus qu’a aller me coucher, ce que je fis à une heure plus ou moins indécente.  Le lendemain il fallait se lever relativement tôt, pour ne pas dépareiller avec le groupe.  Je dormis bien.

 

Mon épouse s’est levée tôt, la tête dans le cirage, mais prête à accomplir le devoir de représentation de sa fonction au petit déjeuner.  Je me levais donc après elle, par souci de solidarité, mais avec la lenteur du dernier des pachydermes, fière de ma force, sûr de ma sagesse.  Elle était sûrement à table quand je sortais de la chambre, la clé à peine tournée dans la porte je me dirigeais vers l’ascenseur quand je croisais Chantal qui fermait aussi sa porte, seule.  Je me suis avancé vers elle sans objectif que de lui dire bonjour, mais mètre après mètre ma libido s’enflammait.  J’espérais l’embrasser, sur la joue quand j’étais à cinq mètre, sur la bouche à quatre mètre, sur le sexe à trois… Je lui tendais la main.

-        Bonjour Chantal

-        Bonjour Henry

-       

-        How

Elle m’embrassa, sa bouche effleura la mienne, je n’insistais pas.  Nous nous sommes cependant regardé, je l’ai embrassée sur la bouche finalement.

-        Pas ici

 

Elle rouvrit la porte de sa chambre.  On s’est engouffré tous le deux à l’intérieur, on s’est embrassé.  J’ai du refermer la porte avec mon pied.  Cela a duré plusieurs minutes.  J’ai commencé à la caresser. Nous avions envie l’un de l’autre, le temps, le lieu n’existaient plus.  Je l’ai déshabillée, elle me regardait, semblait hésiter, je ne la brusquait pas, je la regardais aussi, gentiment, elle fondait dans mes bras, prenait même l’initiative de me déshabiller aussi.  On s’est couché sur le lit, on s’est caressé.  J’avais quelque fois des instants de lucidité, j’écoutais les bruits du couloir, et puis je reprenais mes caresses.  Où c’est elle qui me prenait à un endroit sensible, et ma raison repartait dans les nuages.  Nous avons fait l’amour.  Comme si c’était la première fois.   C’était notre première fois.

A peine avoir joui, je me suis de nouveau retrouvé assez paniqué.

-        On devrait descendre

-        Quelle heure est-il ?

-        Cela nous à pris à peine vingt minutes !

-        Vingt minutes !!!!

-        J’aurais cru des heures !

-        Vingt minutes !

-        C’était génial

-       

-        Je t’aime

-       

-        Rhabilles-toi…

-        Excuses moi

-        Je t’aime

-        Oui, je t’aime aussi

On s’est regardé tendrement, laissant quelques instants le stress de côté.  Je l’ai embrassée longuement sur la bouche.

-        allez ! On y va !

 

Je me suis relevé, je suis passé à la salle de bain un bref instant, et je me suis rhabillé.

-        Je vais allez dans ma chambre me reparfurmer.

-        D’accord

On s’est rhabillé, un peu gauchement, on se regardait, on se souriait tendrement.  Je l’ai embrassée.  Elle a ouvert la porte de la chambre, jetant un coup d’œil aux alentours et je suis sorti.  J’ai regagné ma chambre, j’ai remis de l’ordre dans mes affaires, et j’ai mis un coup de parfum, au cas où son parfum à elle m’aurait imprégné.  J’étais de très bonne humeur, je sortais, j’aurais voulu l’attendre, mais ce n’était pas prudent.  Je suis directement allé déjeuner.  Je me suis servi dans la foule, et je me suis baladé mon assiette remplie, à la recherche de ma femme.  Pour la retrouver à une table, il restait une place libre à côté d’elle.

-        Ben alors, t’en a mis du temps ?

-        Oui, c’est pas la bonne heure… pour se lever !

-        Il aime dormir tard …

-        Et pour passer mon temps à faire la file…

La discussion continua sur le sujet, je passais pour le gros dormeur de la bande.  En face de moi le mari de Chantal, une place vide à ses côtés…  Je n’étais pas sûr que j’appréciais la chose finalement.

 

Elle est arrivée comme moi.  Une assiette pleine, les mêmes remarques sur le temps, le sommeil, les files.  Je devais rire quand même. 

-        Pourquoi tu ris ?

-        Je ne suis pas le seul, ça me rassure…

-        Hmmm.  Tu l’aimes bien Chantal

-        Tu as bien déjeuné ?

-       

-        Qu’est ce qu’on fait ce matin ?

C’était notre dernier jour, nous devions en réalité faire nos valises et libérer les chambres.  J’étais content de retourner à l’étage, mais je ne voyais pas comment je dirais adieu à Chantal.  Je ne voyais pas comment je pourrais encore l’approcher. Je laissais finalement le hasard faire, sans trop y croire.

 

Nous sommes monté à quatre dans l’ascenseur, je la frôlais parce que l’ascenseur était étroit, mais je me tenais bien, rien que cent pour cent naturel.  Nous avons regagné nos chambres respectives, j’aperçu son regard au moment d’ouvrir les portes pour ne plus avoir de nouvelles avant le départ.

 

La journée fût simplement insupportable.  Dans l’attente du départ, n’ayant trop rien à faire, discutant une dernière fois des événements des jours passés, dans l’attente de croiser son regard, ne sachant pas où nous allions.  Interminable.  

 

Nous avons pris le car ensemble, nous avons repris nos places respectives, les mêmes qu’à l’aller.  Mais cette fois-ci, chaque déplacement, pour parler, pour boire une bière était prétexte à se parler.  Le retour fut super sympa.  Nous continuions notre secret, notre relation, nous n’avions pas envie d’arrêter.  Le car avançait, nous aussi.

21:58 Écrit par (C) Henry Detournay dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

27.09.2007

Karine, les assurances et moi...

Mon GSM sonnait. J’étais à une terrasse de café dans une ville quasiment inconnue, c’était un soir d’été. Il faisait beau, il y avait des gens assis à d’autres tables, une femme seule, un peu trop sophistiquée pour être une passante. C’était une ville portuaire, il y avait une femme pour chaque marin. Je me préparais à une réunion ennuyeuse le lendemain matin, c’est à dire que je pensais à tout sauf à cela. J’avais pris une chambre d’hôtel car j’étais loin de chez moi, j’y étais là pour quelques jours. Depuis des mois je me trimballais d’une ville à l’autre, avec un groupe de collègues pour suivre différentes conférences, et participer à des réunions comme celle-ci.

- Bonjour Henry

- Wohhh !

- Tu vas bien ?

- Oui. Il est tard, mais je suis à une terrasse de café, je bois un verre. Il fait super bon.

- Je suis dans mon bain…

- …

- Je pensais à toi.

- C’est gentil. Pourquoi tu n’es pas restée à l’hôtel ?

- …

- Il n’est pas trop tard… Moi je peux encore venir jusque chez toi. Tu voudrais que je viennes ?

- Tu ferais çà ?

- Oui, si je peux te laver le dos.

- Hmmm

Je ne savais pas si c’était positif ou non. Je devais en plus prendre le train. Je regardais ma montre.

- Allez je viens, même si je ne peux pas te laver le dos !

Elle rit. Je me suis levé, j’ai hélé un taxi, en direction de la gare. Je perdais un peu de calme à regarder ma montre, et mon adrénaline ne s’arrangeait pas en imaginant Karine dans son bain.Nous faisions généralement nos courses en groupe, on se cherchait à manger pour le midi, à grignoter pour les pauses, et surtout à se changer les idées car ces réunions nous assommaient à la longue. Parfois l’un de nous allait dîner avec un autre collègue rencontré sur place, parfois des impératifs nous obligeaient à quitter le groupe, mais finalement nous nous amusions bien ensemble pendant ces moments de pause. Et se donner de l’appétit, faire des commentaires sur les régimes, écouter toutes ces filles discuter popotes, dernières réceptions, donnait une idée de qui était qui, un début d’aperçu un peu intime de la personne en face de vous. Et faire les courses ne m’a jamais déplu. Pour ces rencontres…

Chacun choisissait un plat pour le dîner, en fonction de ses goûts, de ce qu’on avait dit la veille, de ce qu’on avait vu la veille. Caquetage, bouillonnement d’idées, de recettes.Carine, comme d’autres d’ailleurs, avait été séduite par un collègue qui savait tout, connaissait presque tout, avait une anecdote sur tout et encore plus. Vingt ans d’expériences après cinq ans de travail, c’était plutôt ma vision des choses, mais nous avions un métier de bonimenteur, j’avais du me tromper d’aiguillage un jour. Bref, le commercial pur et dur, future vedette électorale, grande gueule avec un certain humour. Toutes pour lui… Les balades, les courses tournaient un moment au tour de lui, même les réunions étaient animées par ses expériences, ses commentaires. Il éblouissait la galerie. Je me contentais de poser l’une ou l’autre question, je ne me fondait certainement pas dans son fan club, j’étais comme à l’habitude discret. Et puis je dormais. Les heures de cours, les horaires, l’été, et mon recul par rapport au stress, tout me faisait dormir. Je devenais le point d’attention, je ne le voulais pas, mais on guettait mes insomnies, autant que je m’efforçais d’être attentionné. Mais le train, tôt le matin, la routine, des orateurs monocordes, ou une matière trop complexe, bref rien ne m’allait mieux qu’une petite sieste, au grand contentement de mes condisciples.Jusqu’au jour ou une nouvelle collègue se ramena, emportant avec elle sa mini-jupe et le regard des autres spectateurs. Le sujet passait donc de mon micro sommeil à l’entre jambe de la nouvelle, tout cela pour rire, se moquer, en éclipsant un peu wonder boy, qui finalement nous faisait un rien chier avec son expérience de super bazar. Et comme je n’étais pas le voyeur, et que ces dames me plaignaient justement de ne pas voir, je devenais leur coqueluche. Je commençais à me faire à ces interminables journées.

Nous avons donc décidé de nous éclater en dehors du cadre légal de travail. C’était l’été. Les filles commençaient à porter des mini-jupes, sauf mes collègues, qui un peu plus âgée, qui un peu woman farmer. Mais les discussions continuaient sur le sexe, même au bar du coin où nous prenions l’apéro. Soit nous nous épanchions sur notre dure vie au travail, sur les incongruités de notre fonction, sur les erreurs de management, sur les difficultés de retourner à l’école à notre âge, soit nous parlions sexe. Karine rougissait, Karine se rapprochait et se moquait de moi gentiment. Je ne la voyais pas venir, l’ambiance ‘boulot’ était toujours stressante. On est vite catalogué, on a vite une réputation, une simple rumeur détruit tout, même les plus belles histoires d’amour. Je suis froid en apparence, pour protéger les autres, pour me protéger aussi. Mais je suis un gros nounours, les nanas aiment venir se frotter physiquement à ma carapace de bonté froide…Elle était dans son bain avec son GSM, j’étais dans le taxi en route vers la gare, j’espérais encore avoir un train. Il y avait une chambre d’hôtel avec mes affaires abandonnées, un cours le lendemain à ce même endroit que je quittais, refaisant cent kilomètre que j’avais prétendu ne pas vouloir faire pour des raisons de simplicité.

- Je suis dans le taxi, mais je sais pas si il y aura un train … T’as de la patience ?

- T’es complètement fou…

- Dit si gentiment …

- Tu es génial Henry, je t’attends…

- Ben, si je me ramène à une heure du mat’ et que t’ouvres pas la porte, je serai bien !

- Je t’ouvrirai

- Je ‘sais même pas ton adresse !

- C’est …

- Ca sert à rien, j’ai pas de feuille blanche, pas de bic

- Je t’indiquerai où c’est !

- Bon, et je suis même pas sûr d’avoir ton numéro de GSM

- Je vais te le donner !

- T’inquiètes, t’es dans mes appels…

- Ah ! Oui !

Le chauffeur de Taxi devait s’amuser. J’étais à fond dans l’adrénaline, je m’écoutais parler, j’essayais après coup de ne pas être trop humoristique côté moqueur. Je voulais que le charme agisse même à distance, même au GSM. Je cherchais aussi des mots gentils, je voulais pas qu’elle se noie dans son bain en s’endormant, mais je ne voulais pas qu’au dessus de quatre couches de pyjama, slip et autre il y ait en plus le peignoir de bobonne. Je me tapais quand même un heure de train. J’aurai mérité autre chose. Je riais rien qu’à la pensée, mais je ne pouvais pas lui dire.

- Je suis à la gare

- …

- Je cherche après un train. Je te rappelles.

- J’attends.

J’entrais dans la gare, je n’y étais allé qu’une fois, en sortant, je devais cette fois repérer le tableau indicateur, les quais. Je n’étais pas trop tard, il y avait encore un train.

- Mon train est à cette heure là.

- Et tu mets…

- A peu près une heure trente.

- Wohhh

- Tu dormira ?

- Non, je t’attends

- Ben j’espère … Non c’est super génial.

- Je t’aime Henry

- …

- Henry ???

- Je vais quand même pas te dire ‘c’est super génial’ toute les trentes secondes, tu vas te lasser…

- …

- Merci- …

- Coucou ! Merci, je t’aime aussi

- Henry …

On a continué à roucouler comme cela jusqu’à ce que le train arrive. Je ne faisais pas trop attention à ma batterie, mais il y eut suffisamment de coupure pour que mon oreille arrête de chauffer. Je décidais de m’installer confortablement, et d’attendre un peu avant de la rappeler. Plus j’y pensais plus je me disais que j’étais fou. Je paniquais un peu pour le lendemain, je devais passer à l’hôtel tout régler, reprendre mes affaires avant d’aller au cours …C’est elle qui m’a rappelé. Oui, j’étais bien installé, oui j’avais son numéro de G. Elle semblait énervée, cela me calmait. Je savais ce que je faisais, elle sans doute pas. Je changeais de sujet de conversation, je trouvais l’idée rocambolesque mais géniale. Chacun de mes mots lui faisait un effet ou calmant ou excitant, je riais de ses frayeurs. J’apprenais à la connaître. Finalement ma batterie diminuait, si je voulais la retrouver on avait intérêt à se taire. Je prenais note de son adresse, du trajet en métro, et je raccrochais. Un instant je paniquais : Et si je m’endormais… Je connaissais bien la ville, je me trouvais des solutions de rechange. Et puis je pensais à elle dans sa baignoire, je pouvais mal de m’endormir. Je commençait à fantasmer pendant que les kilomètres défilaient derrière la vitre, l’horloge tournait également, mais contrairement à mes bonnes habitudes, je ne m’endormais pas. Je souriais tout en imaginant la scène de la baignoire, je devenais plus réaliste en pensant à l’accueil à sa porte, je me demandais si elle était seule chez elle, je savais qu’elle avait un fils. Bref le temps passa très vite, ne trouvant aucune réponse à mes questions, me calmant en me disant que tout ce que j’avais imaginé ne se ferait sans doute pas. Dans le pire des cas, j’étais un collègue qui rendait visite à une autre collègue, au moral atteint après tant d’effort pour suivre une formation… à dix heure du soir, après un ‘je suis dans mon bain, je pense à toi …’. Je bandais toujours.Elle ouvrit la porte, elle était habillée relax, mais pas avec l’inscription ‘je suis à toi’. Je pensais bien que je devrais la conquérir, elle avait un style, de la pudeur, et besoin de moi, simplement. Je n’envisageais plus du tout de coucher avec elle, j’avais envie d’être gentil, je me demandais à présent si je n’avais pas fait la c… de ma vie en me pointant chez elle. Avais-je tout simplement confondu sexe et amitié ? Je lui souriais gentiment, et je lui fit un compliment du genre ‘Toujours aussi superbe’. Nous avons commencé les banalités…

- Tu as fait bonne route …

- Tu n’es pas trop fatigué…

- Tu veux boire quelque chose …

La gêne était bien présente, je cherchais à toute vitesse des phrases pour dissiper cette gêne, pour la mettre à l’aise, pour lui dire que je n’étais pas là uniquement pour baiser, même si je ne pensais qu’a çà.

- Ecoute Karine, je m’enm… à mort là bas, çà me fait vraiment plaisir que tu ais eu envie de bavarder avec moi.

- C’est vrai ?Bon, c’était « rapé ». Je ne baiserai pas ce soir. Mais je m’en foutais royalement à présent, j’étais dans son appartement, seul avec elle, à refaire le monde. Ca serait tout au moins une soirée sympa. Mais, je ne m’installais pas béatement dans le fauteuil, je me levais et l’accompagnais dans sa cuisine.

- Qu’est-ce que tu veux boire ?

- Ce que tu as …

J’oubliais un instant que c’était une femme de la campagne qui suivait les modes weight watchers…

- Un coca me suffit

- Du light ?

- Oui, sans problème

- …

- Et toi ? Tu bois quoi ?

- Je vais me faire un thé.

Je ne fis aucun commentaire, j’essayais de détendre l’atmosphère, je ne la collais pas, mais je restais à côté d’elle. On s’est quand même frôlé.

- Merci, Henry… d’être venu

- Tu m’appellerai que je serai au bout du monde, je viendrais…

- C’est vrai ?

- Bon, si ‘y a un train ou un avion, quand même, pas à pied …

- Ahahah

On s’est embrassé. Finalement, il y aura du sexe. On s’est séparé, elle un peu gênée. Je devais dire une c… pour détendre l’atmosphère.

- Ton thé va refroidir.

- Oui, mon thé…

- Mais tu peux encore m’embrasser, j’ai vu que tu avais un micro-ondes !

Elle rit, mais elle m’embrassa encore. Longuement. Elle prit enfin sa tasse de thé, et nous nous sommes dirigé vers son canapé la main dans la main. Je me suis assis à côté d’elle, le l’ai prise par les épaules et on s’est encore embrassé. Nous avons commencé la soirée sur le canapé. Le coca réchauffait, le thé refroidissait, on oubliait le boulot. On s’est retrouvé nus, les vêtements jonchaient le sol. Ce fut très délicat, on n’avait pas trop l’habitude de se déshabiller devant des inconnus, et c’est ce que nous étions. Même si il y avait de nombreuses heures de cours, de rire, on étaient à notre première fois. Après une première séance de cul dans le canapé, nous trouvions que c’était mieux dans le lit. On s’est levé, un peu gauche, on se prenait par la main, elle m’a guidé vers sa chambre. Je n’ai jamais été très bavard, il n’y avait rien à dire. Je trouvais bien de l’embrasser au pied du lit pour tomber naturellement dedans. De toute façon je ne bandais plus, je n’étais qu’un homme, mais j’étais bien, et j’avais juste envie de la caresser. Le reste reviendrait de lui même. Je fus surpris qu’elle ne se satisfaisait pas de mes caresses, qu’elle voulait prendre l’initiative. Elle me regarda d’un air interrogateur.

- Ben, oui, je ne suis qu’un homme…

- Je n’ai rien dis…

- T’inquiète, il se réveille tout seul, mais c’est un peu comme au cours …

Elle rit, elle faillit se moquer, je l’interrompis.

- Soit sympa avec moi tu veux ?

- Ahahah- …

- Viens

On s’est couché, elle s’est penchée sur moi. Mes forces revenaient.

- Tu vois, tu n’as qu’a demander…

- …

- mais au cours, tu me laisses dormir…

- ahahahah, c’est d’accord !

On riait tout en se caressant, en s’embrassant. Elle aimait bien jouer avec mon sexe, moi j’aimais bien sa bouche. La soirée continua comme cela longtemps. On a finit par remonter les couvertures sur nous , je me suis glissé entre ses jambes. On était bien échauffait, cela allait tout seul. Je ne sentais pas la fatigue, bien que. Elle me repoussa et s’installa sur moi. On devinait les réactions de l’autre, les besoins de l’autre. Nous avons jouis ensemble, elle s’est couchée sur moi. J’ai remonté le drap sur son dos, je me serai bien endormi comme cela. Elle s’est glissée à côté de moi.

- On va dormir, demain il faut se lever tôt.

- Ouais, je dois passer à l’hôtel payer et récupérer mes affaires.

- Comment tu vas faire ?

- J’irai en taxi jusque là, et de là au cours …

- Je viendrai avec toi.

- On va arriver ensemble ?

- …

- On arrêtera le taxi cent mètres avant …

- Oui !

- Et dans le train ?

Elle était sensée attendre ses collègues dans le train, c’est vrai, voyager en groupe c’est quand même nettement plu agréable. Elle était à califourchon sur moi, elle s’est couchée sur mon ventre, tout en gardant mon sexe en elle. Nous avions joui, mais mon sexe restait dur. Inutile, mais dur, cela devait lui être agréable. On discutait de ce qu’on devait faire, j’ai remonté l drap sur elle. On s’est paisiblement endormi dans cette posture. Elle dans mes bras, je n’avais pas trop l’habitude, mais la journée, et la soirée m’avaient tués. A un moment elle a roulé sur le coté, elle s’est endormie sur mon bras. Son mouvement m’avait réveillé. Je la regardais admiratif, mais pleins de questions sur notre avenir, a commencer par demain. J’avais à nouveau envie d’elle, mais je ne la touchais pas. Je finis par m’endormir à nouveau.- Bonjour, il est l’heure…Je m’éveillais instantanément, le planning des premières heures de la journée me revint en un instant, je me levai. Comme souvent le matin, mon sexe était dure.

- Wohhhh.

Elle rit.

- Et je ne te dis pas ce que mon cœur fait !Elle vint se loger dans mes bras, elle m’embrassa. Je la soulevais par les fesses, elle entoura mon ventre de ses jambes, je guidais mon sexe en elle. Heureusement qu’elle était petite, et pas trop lourde. Elle poussa un petit cri quand elle s’empala sur mon sexe. Je lui souriais et je l’embrassais à mon tour.

- On va être en retard !

Je me dirigeais vers la salle de bain.

- c’est où ?

- La porte là !

Le mouvement de mes pas nous faisait du bien. Elle était très fermée, chaque mouvement m’amenait un peu plus vers le nirvana. Je collais son dos contre le mur, son peignoir pendait à porte manteau, c’était l’endroit idéal. J’essayais de bouger. Je reculais un peu, je prenais son cul entre mes mains. Le fait de penser à ses fesses me mit lefeu. Je jouissais. Mais je n’étais pas fatigué, je continuais à aller et venir en elle comme si de rien n’était. Elle a joui à son tour, je l’ai sentie se resserrer. Elle voulu poser les pieds au sol, mais j’étais un peu grand pour elle.

- Sort, il faut se laver.

Nous sommes allé sous la douche, j’avais bien l’intention d’y entrer avec elle. On s’est donc lavé mutuellement, on passait son temps à se faire du bien, et à se dire deux secondes après qu’on était en retard.J’ai remis les mêmes vêtements que la veille, il faudrait vraiment que je repasse par l’hôtel. Je n’étais pas rasé, elle me prêta une brosse à dent. Bon, je ne puerai pas de trop, j’aurai l’air d’avoir passé quand même une sacré nuit. Pour quelqu’un qui à l’image d’un gentil garçon, cela ne me déplaisais pas de trop. Je la regardais s’habiller. C’est un spectacle que j’aime bien : le choix des sous-vêtements, surtout quand elle me regarde d’un air coquin, et puis les autres vêtements, et elle vient vers moi :

- Ca va ?

- Tu es superbe.J’adore ta manière de t’habiller !

Elle retourna à la salle de bain, heureuse, pour se maquiller.

- On n’a pas le temps de déjeuner, c’est pas grave

- Désolé, mais je n’ai rien pour déjeuner. Fais-toi un café !

- Je n’aime pas, mais je t’en fait un, c’est où ?

- Non, non, on n’a pas le temps.

Bon, on est donc parti pressé, en courant un peu dans les couloirs du métro, mais si elle cela ne lui posait pas de problèmes, moi je suis plus doué dans les sports en chambres que dans les courses de lévriers à la poursuite d’une rame de métro. Soit, j’ai fait bonne figure, et elle était indulgente. Elle me regardait en riant.

- Tu devrais faire de la gym…

- Comme ce matin, tant que tu veux.

Je ne suis pas sûr que la réponse lui plut, mais chacun a sa personnalité, et nul ne change, mais pour les plus beaux yeux du monde. Elle regardait sans cesse sa montre, faisait des projets. Je la calmais un peu.

- Si on est en retard, on s’excusera, c’est tout.

- …

- Et en plus on doit essayer de pas croiser les autres …

- Oui, tu as raison allez, embrasse moi

Elle s’est un peu calmée, quelques secondes, elle a regardé par la fenêtre le nom des stations.On est finalement arrivé à la gare, on a couru pour trouver la bonne voie.

- Et maintenant on fait quoi ?

- Le premier wagon qu’on trouve, sans regarder à gauche ni à droite, et on s’installe du côté opposé à celui qui longe la voie…

- D’accord

- Allez grimpe fillette

Elle rit, elle voulut m’embrasser.

- Tu déconnes ?

- Oh !

Je riais moi aussi. On a du faire plusieurs wagons pour trouver une place, chaque fois qu’on regardait un siège on se demandait sur qui nous allions tomber. On a eu de la chance, on s’est installé et on a soufflé un peu.

- Normalement, on est tranquille.

- Oui, elles sont déjà monté à mon avis.

- Si elles te cherchent ?

… la porte s’ouvrait, sur une de ses copines.

- Ne bouges pas Karine, je préviens les autres !

- Je t’ai trouvé par hasard, lui-fis-je, je n’ai pas pu rester à l’hôtel, un parent souffrant chez moi, rien de grave, OK ?

- OK. T’es sûr ?

- Ben non, tu m’a appelé, nous avons fait l’amour comme des bêtes toute la nuit…

- Arrête !

- Donc, un parent malade…

- Pas comme des bêtes !

- Pas cette fois-ci, mais la prochaine fois j’espère !

- T’es fou

Les autres arrivèrent, je n’ai pas eu le temps de répondre. L’atmosphère changea complètement, Karine se retrouva le centre d’intérêt, personne ne s’occupa réellement de ce que je faisais là. C’est arrivé à la gare, quand je pris un taxi pour aller à mon hôtel que les gens s’inquiétèrent. Karine leur transmis ma version des faits. La journée semblait bien démarrer. Outre que j’allais arriver en retard, ce n’étais pas trop un souci, je me demandais Karine et moi ce que nous allions faire devant les autres. J’avais envie d’elle, elle avait envie de ma complicité, d’être soutenue dans cette période professionnelle difficile, mais que faire ?Je suis monté dans ma chambre d’hôtel, j’ai changé de vêtements, j’ai refait mes bagages en fourrant tout n’importe comment dedans, je me suis donné un coup de rasoir électrique, ça va vite, et je suis allé payer à la réception la chambre que je n’avais pas utilisée. Mon taxi était toujours là. Ce serait une note de frais que je ne pourrais pas renvoyer… Je me suis pointé au cours avec une heure de retard. J’étais un peu la coqueluche, et avec ce qu’avait dit Karine, tout le monde fût sympa. Karine riait sous cape, cette complicité nous rapprochait. On s’est retrouvé souvent l’un à côté de l’autre cette journée, j’étais bien.Sauf que c’était le dernier jour de cours dans cette ville, et que la prochaine session avait lieu dans une semaine. L’heure de fin de la classe sonna, il était temps de parler. Elle dit à ses copines qu’elle allait visiter les joailliers de la place, pour ma part je trouvais un moyen de me séparer des autres.

- Allons prendre un verre…

Une nouvelle vie commençait pour nous. Dans l’immédiat, c’était le retour au boulot, en attendant la prochaine formation. Mais ce soir ?

- Ecoutes, je ne sais pas ce que tu me proposes, j’ai envie d’être avec toi, mais il y a ton fils…

- …

- et de toute façon, je n’ai plus de chemises propres… Tu repasses mes chemises ?

- …

- Je ris, j’aime ta tête, mais je l’aime mieux quand tu ris

On a discuté ainsi pas mal de temps. Je suis rentré chez moi…Elle m’a rappelé plusieurs fois…

- Henry, tu me manques !

22:51 Écrit par (C) Henry Detournay dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, femme, charme, rencontre, train, ville |  Facebook |